Nous avons ici un exemple de meule tournante monolithique. Celles encore en place, sont composées de carreaux de pierre assemblés au plâtre et cerclées de fer. Au centre l'annille est cet étrier en métal qui transmet à l'ensemble le mouvement de l'axe tournant. C'est ici que s'achève la visite ...
LA MOUTURE DU BLE
La turbine du moulin, encore à sa place au rez de chaussée, date de la construction de l'usine communale en 1882. Comme pour la scierie, l'eau amenée depuis le barrage actionnait les pales avant de s'écouler dans le canal de fuite par ce gros tuyau coudé.
La trieuse, à l'aide du ventilateur, envoie les déchets végétaux (la balle, les pousses) dans le boisseau à pousses. Deux tamis, l'un fixe et l'autre tournant, séparent la terre et les cailloux du blé propre Ci-dessous le boisseau à pousses
ENERGIE ET MECANISMES L'eau du bief rouge descendait du barrage dans une grosse conduite et alimentait la turbine de la scierie que nous voyons ici. Des ailettes internes permettaient de réguler la mise en route et la vitesse des trois scies. Celles-ci se trouvaient à l'emplacement de la discothèque. L'eau s'écoulait ensuite dans le canal de fuite pour rejoindre le bief rouge un peu plus loin.
Ce tamis tournant, incliné, aux mailles de plus en plus larges, va permettre de recueillir en sacs, depuis la farine blanche la plus pure jusqu'au gros son (l'écorce du blé).
Le treuil ci-contre est mu par l'énergie du moulin et permet l'acheminement des sacs dans le puits ci-dessous qui va du haut en bas du bâtiment.
Pour faire son prix, il estimait la quantité de terre et de déchets contenus dans les sacs et jugeait la qualité du grain. Il savait alors quelle quantité de farine serait obtenue. Il pesait les sacs que le monte-sac hissait au 3ème étage.
Comme tous les moulins, celui-ci fonctionne en trois étapes : - le nettoyage du grain - la mouture du blé - le tamisage de la mouture LE NETTOYAGE DU GRAIN Arrivé au 3ème étage, le sac est déversé par un orifice du plancher dans un silo : le ' boisseau à blé sale', à l'étage inférieur. De là, et par une chaine à godets, le grain remonte au 3ème dans la trieuse
L'ENERGIE ET LES MECANISMES
LE TAMISAGE DE LA MOUTURE Dans la mélangeuse ci-contre, la mouture va former un mélange homogène qui va traverser les tamis de la bluterie tel que celui ci-dessous.
Le blé arrive par cette gaine de toile dans la trémie. Il est guidé vers l'oeillard au centre de la meule par l'auget au son du fameux ' tic tac ' du babillard. Celui-ci est une sorte de came en bois que l'on voit ci-dessus sur la meule de droite, et l'ensemble ou baille blé régule la descente du grain entre les meules. Ici nous voyons deux moulins. Chacun est formé d'une paire de meules : - la meule supérieure est mobile. C'est la tournante ou volante. - la meule inférieure est fixe. C'est la gisante ou dormante . Chaque moulin est recouvert d'un coffre en bois, l 'archure, qui évite la dissémination de la mouture qui s'écoule entre les meules. Un balai solidaire de la tournante dirige cette mouture vers l'orifice de la goulotte qui mène à l'étage inférieur. Deux volants permettent de régler l'écartement des meules qui détermine la finesse de la mouture.
Le blé descend de la trieuse par cette gaine en bois (ci-contre), au second étage. Le meunier le verse alors dans une gaine qui se situe juste au dessus des meules.
La mouture enfin mise en sac au rez de chaussée sous cette goulotte en bois va, toujours grâce au monte-sac, monter au 3ème étage pour l'ultime étape :
A l'origine, le meunier recevait par cette porte, le grain que lui apportaient les paysans.
Le régulateur ci-contre permettait le démarrage de la turbine et la régulation de sa vitesse. L'énergie, par l'intermédiaire de poulies et d'une courroie en cuir, est transmise au 1er étage à ce renvoi d'angle. Là, une roue aux dents de bois entraîne l'axe principal du moulin: le gros fer. Du bas jusqu'en haut, toutes les machines sont entrainées grâce à cet arbre. Ici le renvoi d'angle Ce gros fer est muni, au rez de chaussée, d'une grande roue horizontale : le hérisson Les dents du hérisson sont en bois très dur, le cormier.(on utilisait aussi du charme ou du pommier pour cet usage). Ce matériau permet, en cas d'incident, d'éviter qu'une dent de roue en fonte ne casse. Autre avantage et non le moindre, la réduction du bruit : le frottement métal contre métal aurait été insupportable. Voici la rotonde avant la rénovation de 1998 : - la maçonnerie sur laquelle reposent les colonnes de fonte. - la charpente renforcée du beffroi qui supporte le poids des meules. - les petits fers avec les roues en fonte qui entrainent les meules. - les trempures qui relèvent ou abaissent les axes des petits fers, facilitant l'arrêt d'une seule meule et l'écartement des pierres pour régler la finesse de la mouture. Au premier étage, outre les meules et le baille-blé, voici la potence. Elle sert à lever les meules pour les rhabiller (refaire les sillons usés par les grains). Pour moudre 100 kg de blé, il fallait environ deux heures. Les meules tournaient à 100 tours par minute et pour les équilibrer, on mettait des poids en acier dans quatre cavités. Sur la tranche, deux trous diamétralement opposés, recevaient les goupilles de la potence lorsqu'il fallait effectuer le rhabillage.
On accèdait au musée par une allée goudronnée le long du bief rouge. A cet endroit coulait autrefois le canal de fuite du barrage.
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