Le moulin

Histoire de Métabief Sur le site de l'actuel musée un moulin existe depuis le 13ème siècle. En 1337 il fut donné par Jean II de Chalon-Arlay aux moines de l'abbaye du Mont Sainte Marie qui le faisaient exploiter par des locataires ou ' fermiers '. A moins d'une journée de marche autour de l'abbaye on trouvait des maisons de grangers ( ou de grangiers), là où les moines percevaient et 'engrangeaient' la dîme, impôt carolingien établi au profit de l'église. Au moyen âge, Métabief prit de l'importance car les sires de Joux exerçaient un droit de péage exhorbitant à la Cluse (et Mijoux). C'était le lieu de passage pour les marchandises qui transitaient entre Italie et Flandres , et vers la Suisse ( Sainte Croix, Yverdon... ). Une nouvelle voie fut ouverte venant de Frasne et de Salins. Ces deux voies de communication se retrouvaient aux Hôpitaux, où en 1282 Jean 1er de Chalon-Arlay obtint du Comte palatin Othon IV de Bourgogne cent livrées de terres à Jougne pour y construire un hôpital. Cet ' hospital ' était un lieu d'accueil et d'escale pour les pélerins pauvres qui se rendaient à Compostelle. Cette tradition de charité était en vigueur depuis Charlemagne. Au 13ème siècle la seigneurerie de Jougne se composait des villages de Jougne, des Hôpitaux et de Métabief. En 1366 commence à se répandre le nom de Franche Comté pour désigner le Comté de Bourgogne. Le moulin et le bief rouge D'abord moulin à foulons (pour assouplir les textiles) , à huile et céréales, il était aussi scierie. Le Bief rouge entraînait ses roues à aubes. Celui-ci se jette dans le Doubs à quelques kilomètres d'ici et était alors alimenté par quatre sources. Il recevait en outre les eaux du bief Mareschat (ou Mareschal) à Métabief, puis, en allant vers Saint Antoine et les Longevilles, les eaux du Bief blanc et du Bief bleu. Ce même Bief rouge qui tire son nom de la couleur de la limonite de Métabief (minerai de fer), servait de limite au village et de frontière entre le diocèse de Besançon et celui de Lausanne. Bien sûr le moulin ne fonctionnait pas toute l'année. Pendant les périodes de grand froid ou de sécheresse il n'y avait pas suffisamment d'eau. Le meunier était alors paysan ou bien forgeron. Le ruisseau actionnait aussi les soufflets de forges et les marteaux des 'martinets' où l'on fabriquait de l'outillage agricole, ménager et même la clouterie. Le bois, abondant dans la région, était transformé en charbon de bois qui alimentait aussi bien les fourneaux que les feux des martinets. Le minerai extrait des mines de Métabief, la Ferrière , les Longevilles, Rochejean...était traité dans les fourneaux et la fonte obtenue était travaillée par les forgerons des villages. La concurrence des producteurs de fonte en Ecosse et en Belgique, et le prix élevé du charbon de bois ont au 19ème siècle sonné le glas pour les mines de notre région et aussi bien entendu pour les martinets. Le moulin à farine a continué à moudre jusqu'au milieu du 20ème siècle mais les vastes exploitations céréalières, les minoteries industrielles et la grande distribution en ont eu raison. Dernier malheur du Bief rouge, le percement du tunnel sous le Mont d'or : en 1912 la société des chemins de fer avait décidé le passage des voies sous la montagne entre Frasne et Vallorbe. Hélas la nappe d'eau qui alimente les sources du ruisseau est percée, et l'eau envahit le tunnel vers la Suisse et va s'écouler dans l'Orbe. Des travaux sont effectués pour colmater les fuites, une partie de cette eau continue à aller vers la Suisse...et donc vers la mer du Nord. Nous sommes ici sur une ligne de partage des eaux, et ironie de la nature, cette eau aurait dû rejoindre le Bief rouge, le Doubs, la Saône, le Rhône, pour enfin se jeter...en Méditerranée ! L'usine communale de 1882 En 1792, la Révolution déclare 'biens nationaux' les biens de l'église. L' abbaye sera vendue à un particulier qui la fera démolir. La place à moulins de Métabief sera vendue à Pierre Antoine Lombarde artisan du fer au village. Sa famille a continué à l'exploiter jusqu'en 1864 quand un incendie le détruisit. En 1882 la commune qui acheta les ruines et les terrains vint y construire une usine communale comportant trois parties: - une scierie à la place de la discothèque - un moulin à l'emplacement de l'actuel musée - enfin les logements des ouvriers là où se trouve la halte-garderie Un barrage permettait de créer une retenue d'eau suffisante pour faire tourner deux turbines. Une conduite forcée amenait l'eau d'abord jusqu'à la première d'entre elles, celle de la scierie à l'emplacement de l'actuelle discothèque,puis à la seconde celle du moulin qui entraînait trois moulins (chaque moulin se compose de deux meules : une fixe ou gisante et l'autre mobile ou tournante). On a cessé de moudre et de bluter (tamiser) le blé vers 1940. La scierie cessa de fonctionner en 1985, et les scieurs ont moulu le 'brut' (l'orge non tamisée) destiné au bétail jusque vers 1960. De jeunes bénévoles des chantiers européens ont restauré les lieux entre 1994 et 1998. De nos jours le moulin ne sert plus à la meunerie, pourtant il est toujours équipé du matériel d'origine et de l'électricité qui depuis 1950 a remplacé l'énergie hydraulique. De nos jours le moulin est un musée, mais un musée sans vie malheureusement. Les machines doivent être rénovées, le bâtiment doit être réhabilité, mais ce qui risque d'être perdu à tout jamais c'est le savoir faire des meuniers d'antan... La station en quelques dates Le décret du 12 mars 1979 classe les communes des Hôpitaux neufs, de Jougne, des Longevilles, de Rochejean et de Métabief Station de sports d'hiver sous le nom de ' Métabief Mont d'Or'. En 1993 sont organisés les Championnats du monde VTT en 1994 les championnats d'Europe VTT en 1996 et 2003 les championnats de France VTT en 2002 le Trophée National des Jeunes Vététistes en 2007 enfin le Trophée Européen des Jeunes Vététistes... Après la seconde guerre mondiale, le train en avait fait la station de sports d'hiver la plus proche de Paris. ...
- Accueil
- Métabief
- Les adoguides
- Situation
- Histoire
- Visite par les ados
- Visite du moulin
- Images